Aux États-Unis, le Bureau d'analyse économique publie chaque année un compte satellite consacré aux loisirs de plein air. Ce compte a permis de débloquer des centaines de millions de dollars d'investissements fédéraux pour les terres publiques et les infrastructures récréatives. Le Canada a besoin d'un outil similaire.
Les détails de la politique
Si vous pratiquez le ski, le snowboard, la course en sentier, le vélo de montagne, le canoë, l'escalade ou si vous passez du temps dans les espaces sauvages qui font la richesse du Canada, ces propositions politiques vous concernent. Protégeons nos hivers Canada demande au gouvernement fédéral de prendre trois mesures audacieuses pour protéger les paysages que nous aimons, renforcer les communautés bâties autour des activités de plein air et donner au Canada une chance de lutter contre la crise climatique qui le menace.
Voici ce que nous demandons, pourquoi c'est important et ce qui est en jeu si nous n'agissons pas.
1. LE DÉFI
Chaque fois que vous achetez un billet de ski, réservez une excursion en canoë, vous procurez-vous de nouvelles chaussures de randonnée ou que vous vous rendez dans un magasin d'articles de plein air, vous contribuez à l'un des moteurs économiques les plus puissants du Canada, et pourtant, personne à Ottawa ne le recense. Une étude de l'Université de Waterloo datant de 2024 a révélé que les activités de plein air génèrent 102 milliards de dollars d'activité économique annuelle et soutiennent un million d'emplois à travers le pays. Ce secteur est donc plus important que l'industrie pharmaceutique, l'agriculture et la foresterie.
Pourtant, le Canada ne dispose d'aucun moyen officiel de mesurer ce secteur. Il n'apparaît pas comme une ligne distincte dans les données économiques fédérales, ce qui explique qu'il soit rarement considéré comme une priorité dans les budgets fédéraux ou les discussions politiques.
2. POURQUOI C'EST IMPORTANT POUR NOTRE COMMUNAUTÉ
Lorsque les décideurs politiques ne perçoivent pas l'importance économique des activités de plein air, ils ne peuvent justifier la protection des terres publiques, de l'eau potable, des forêts saines et du manteau neigeux fiable dont dépend ce secteur. Les communautés des villages de montagne, des bassins hydrographiques du Nord et des régions rurales, dont beaucoup sont autochtones, dépendent de cette économie pour leurs moyens de subsistance. L'absence de données rend les politiques publiques vulnérables.
Aux États-Unis, le Bureau d'analyse économique publie chaque année un compte satellite consacré aux loisirs de plein air. Ce compte a permis de débloquer des centaines de millions de dollars d'investissements fédéraux pour les terres publiques et les infrastructures récréatives. Le Canada a besoin d'un outil similaire.
3. CE QUE NOUS DEMANDONS
En février 2021, la municipalité québécoise de Minganie et le Conseil Innu d'Ekuanitshit ont accordé la personnalité juridique à Muteshekau-shipu (la rivière Magpie), un cas qui fait jurisprudence au Canada et à l'échelle mondiale ! En donnant droit à la nature de maintenir sa biodiversité naturelle, d'exercer des fonctions essentielles au sein de son écosystème et de bénéficier d'un statut juridique devant les tribunaux, elle peut maintenant demander - par l'intermédiaire d'un tuteur légal - une ordonnance du tribunal pour mettre fin aux actions qui causent des dommages telles que la pollution ou l'extraction. Même si cela peut paraître nouveau (ou un peu fou), il est important de savoir que la nature est maintenant simplement sur le même pied que les sociétés pétrolières et gazières qui ont déjà une personnalité juridique ! Les droits de la nature sont souvent dirigés ou inspirés par les traditions juridiques autochtones qui considèrent la terre comme sacrée, en relation réciproque ou interconnectée avec les droits de l'homme.